vendredi 29 février 2008

Pour les beaux yeux de Tady


Nous quittons le centre de Vientiane pour une de ces nouvelles banlieues gagnées sur les rizières. L’urbanisation se concentre de part et d’autre des axes routiers. Hier nous avons retrouvé Phitsamay à l’ouest du côté du pont de l’amitié qui traverse le Mékong, la frontière avec la Thaïlande.
Aujourd’hui, nous nous dirigeons dans l’est à la rencontre de Tady et de sa famille. Nous longeons un ruban interminable d’échoppes (vélos, motos, meubles, carrelages, coiffeurs … dentistes), de petits marchés, de gargotes et de vendeurs ambulants.




Les laotiens mangent peu, mais grignotent toute la journée (une soupe par-ci, un poisson grillé par-là, une glace, un biscuit, une mandarine, une soupe, etc…).
Nous tournons à droite de la piste en terre rouge. La vie y est soudainement moins animée, la circulation moins dense. 200m et c’est déjà presque la campagne. 500m et nous tournons à nouveau à droite selon un repère imprécis (le laotien n’est pas toujours précis dans ses explications). Quelques hésitations... vite levées par l’apparition de Ky, le père de Tady, sur sa moto qui fait GPS façon lao.
La maison de Tady est en construction. A vrai dire, il n’y a que la charpente pour témoigner de son existence. Tady et sa famille vivent temporairement (mais le temporaire dure au Laos…!) dans une maison de 15m2, dont les murs sont en contreplaqué. Ils ont déménagé il y a un an pour se rapprocher de l’arrière-grand-père devenu veuf ; il a ses habitudes dans le quartier. Ils feront donc 10km chaque jour à moto pour conduire Tady à l’école, et rejoindre le petit marché où ils ont un stand de marchandises générales qui leur rapporte 150$ par mois (le déjeuner de Tady à l’école coûte 1$ par jour à lui seul !).
Mais ces gens, d’une trentaine d’années, sont propres, simples, ouverts, malgré des conditions de vie précaires. Ils nous reçoivent dans la maison de leur voisin, dont la terrasse surplombe ce qui sera leur jardin. Leur fille unique est née avec de grands beaux yeux il y a 13 ans. Alors, ils l’ont surnommée Tady : « beaux yeux » en laotien.
Tady a été prise en charge par SFL il y a presque 5 ans, en urgence, car son état s’est brusquement aggravé entre 2 visites du « Docteur Alphonse » (comme on appelle Alphonse Pluquailec, cardiologue français d’origine laotienne, et fondateur de SFL. Il y a 10 ans cette année).
Sa malformation a été diagnostiquée dès l’âge de 4 ans par l’hôpital de Mahosot : elle était pâle, ne mangeait pas, avait les lèvres bleues.
La proximité de Marie Luangkhot, permanente bénévole de SFL, avec Tady et ses parents, facilite le processus de programmation de son départ : dossier administratif et dossier médical, mais aussi préparation psychologique des parents et de l’enfant à la séparation.


Tady a été accueillie en région parisienne par la famille Hervé-Gruyer. De son séjour, elle garde un souvenir affectueux (il semble que les 3 ou 4 lettres qu’elle a adressées par la poste à la famille d’accueil ne soient pas arrivées et que les termites aient dévoré ses photos-souvenirs et son passeport !). L’opération s’est passée sans complication et Tady est rentrée au Laos avec 3kg de plus et de l’énergie à revendre. Cette énergie, elle la met au service de ses ambitions. Elle est toujours dans les 3 premières de sa classe de 3e au collège.
Tady veut être docteur du cœur comme « Tata » Francine !


jeudi 28 février 2008

Phitsamay, la courageuse

A 9 ans, Phitsamay a de la personnalité. Depuis qu’elle est revenue de France (5 ans déjà), elle a beaucoup grandi et son caractère s’est affirmé ; elle est solitaire, mais pas introvertie. Elle boude ce qui l’embête, elle rit franchement quand ça lui plait, elle cache ce qu’elle veut garder secret… quelquefois pour de mauvaises raisons : elle a avoué à Marie (à qui elle se confie facilement), et à l’insu de ses parents, qu’elle était tombée d’un arbre il y a quelques mois et que depuis elle avait des fourmis dans la jambe droite ! Peur de se faire gronder par des parents qui la surprotègent (ils ont tellement cru la perdre) ou dure au mal ? Les deux à la fois ! Depuis sa naissance, Phitsamay a souffert, et ses parents aussi !
Lui, Bounmi, était militaire jusqu’à récemment et elle, Sone, est ouvrière dans une usine de mécanique (ils travaillent désormais ensemble, payés 70$ par mois chacun).
A l’âge de 9 mois, on a découvert à Phitsamay un abcès aux poumons. Elle va de séjour en séjour à l’hôpital militaire où elle est admise gratuitement grâce à son père. Le drame, c’est qu’aucun traitement n’agit. Phitsamay est devenue très maigre, ses ongles sont bleus, elle ne tient plus sur ses jambes. Ses parents la ramènent dans leur maison en bambou (le sol était à l’époque en terre battue, et traversé par les poules et les canards !). Au 103 (comme on appelle l’hôpital militaire), on ne leur a guère donné d’espoir.
Alors dans un sursaut désespéré, ils vendent le peu qu’ils possèdent, empruntent à des voisins compatissants, et se rendent à l’hôpital Mahosot où on leur a dit que des enfants comme Phitsamay avaient été sauvés. Elle y restera d’abord 3 semaines (problèmes pulmonaires, au foie, atteinte au cœur, etc…). Ses parents couchent à l’hôpital, dehors, en attendant que la petite se rétablisse. Et elle finit par se rétablir. Prise en charge par SFL, elle sera suivie pendant 1 an et demi avant de partir en France et d’être accueillie par la famille Chanterelle pour l’opération.
Elle est partie de Vientiane en chaise roulante tellement elle était faible et elle est revenue en sautant ! Elle a beaucoup aimé son séjour en France et a le sentiment d’avoir pris des forces (elle a grossi de 2kg). Pendant 1 mois, elle n’a parlé à ses parents qu’en français ou par signes.
Tout est revenu dans l’ordre maintenant, Phitsamay est une élève de CE2 appliquée, comme le sont sa grande sœur Boulom (11 ans) et sa petite soeur Bouakhay (8 ans).
La maison est plus confortable depuis que les parpaings ont remplacé le bambou et le ciment la terre battue… un peu comme en France dont Phitsamay disait : il n’y a pas de terre là-bas, il n’y a que du ciment et il fait toujours jour la nuit !

En voyant la joie de Phitsamay au milieu de ses camarades d’école en train de prendre des photos, on se prête à imaginer que pour Phitsamay et sa famille, la lumière est au bout du tunnel !




PS : Longue séance de photos pour JFM à l’heure de la récréation. Les garçons jouent à chat, les filles à l’élastique, d’autres sont à la buvette où il y a tout : eau, bonbons, biscuits pour le «petit creux» pour ceux qui peuvent payer !
Pour nous, c’est l’heure de « l’apéro » avec les professeurs : Pepsi, bigorneaux du Mekong (réservés aux autochtones !), maïs grillé, couenne de bœuf séchée à mâcher (chewing gum local !)
Après la photo traditionnelle devant le tableau noir, nous nous éclipsons pour un déjeuner de soupe aux nouilles – champignons, poulet et bœuf à la citronnelle. JFM en profite pour faire sur place quelques tirages papier pour les instituteurs.






mercredi 27 février 2008

La Maison du Bonheur

L’orphelinat de Sœur Marie-Catherine à Vientiane

Nous sommes arrivés samedi soir à Vientiane… un peu épuisés par une nouvelle semaine de reportages dans la poussière des pistes de terre rouge.
Après le très froid ; le très chaud ! Difficile aussi d’imaginer la vie dans les campagnes, les pieds dans la boue au moment de la mousson.
Nous quittons à regret cette campagne où le moyen-âge côtoie les signatures de la modernité (paraboles TV, motoculteurs, motos, etc…). Ici, même au milieu de nulle part, le silence est rare : l’échappement du 2 temps Honda est généralement relayé par la télé à tue-tête !

Vientiane, c’est la capitale avec ses grands projets qui la façonne en ville moderne : des grands axes, des bâtiments administratifs imposants. Nous sommes au pays de la centralisation qui trouve ses relais au niveau du district (il y en a une quinzaine), puis du village (ils sont 10.000), puis du quartier.
Dimanche on fait relâche, mais nous avons quand même deux rendez-vous. L’un avec Marie de Santé France Laos, qui nous apporte un soutien précieux dans l’organisation de nos rendez-vous et de notre séjour en général ; l’autre avec une grande tante vietnamienne de JFM, la Sœur Marie-Catherine, dans le quartier du That Luang, la grande stupa sacrée, emblème du Laos !



Depuis 50 ans – elle a traversé tous les régimes – elle crée des orphelinats de jeunes filles au Laos. Cette tata en «cornette» de 77 ans a une énergie considérable et toujours des projets.
Son orphelinat de Vientiane créé il y a plus de 10 ans et qui accueille 40 jeunes filles, de la primaire à l’université, ne lui suffit pas… Alors, il y a maintenant la maison des sourds-muets à Luang Prabang que le Vatican aide à construire, et pour lequel elle forme 2 sœurs et 2 de ses pensionnaires, futures institutrices, au langage des sourds-muets.
Elle se plaint de l’inconfort des 7 heures de car à travers des routes vertigineuses qu’elle pratique une fois par mois pour visiter Luang Prabang… mais elle en rigole !


Ici, la règle est que chaque pensionnaire, quel que soit son âge, utilise son temps libre à travailler au potager, au verger, à la bananeraie. Et puis, il y a l’étable avec les vaches qui ont remplacé les poulets pour cause de grippe aviaire, et la porcherie. A l’orphelinat, on mange 1 cochon par mois, et 3 veaux par an ; une vie quasi en autarcie sur un terrain gagné sur les rizières (comblées par des camions de bonne terre il y a 8 ans) et maintenant encerclé par ce qui devient la banlieue sud, prochainement bouleversée par un projet de zone franche confié aux chinois, en échange d’un stadium pour les jeux pan-asiatiques de 2009. L’orphelinat pourrait bien y perdre sa bananeraie avec une indemnité compensatoire misérable… intérêt collectif oblige !


Mais la religieuse est philosophe. Elle qui en 1975, dans l’uniforme des Sœurs de la charité, s’est vue confier par le Parti la direction d’un quartier de Savannakhet, et l’animation de groupes de «formation» aux nouvelles règles morales et politiques de la Révolution !
A 19h00 la cloche sonne. Sœur Marie-Catherine nous invite à partager le dîner quotidien des autres sœurs (elles sont une douzaine, plutôt jeunes, deux sont très âgées).
Après le bénédicité, soupe de légumes frais du jardin, tranche de rôti de porc au riz vapeur, salade garantie rincée à l’eau minérale, banane du jardin, verre de lait de soja fabrication maison… un régal !


Notre conversation se poursuit pendant la prière du soir des enfants. Leurs chants résonnent depuis la chapelle qui ressemble à la maison du bonheur… par contraste avec ces villages dont elle nous parle. Car Sœur Marie-Catherine évoque un Laos que nous ne connaissions pas : celui des villages des minorités, distants de 200km, dans l’Est, par des pistes difficiles. Des villages sans hygiène et pratiquement sans école. Elle nourrit le secret espoir de pouvoir y envoyer l’une de ses protégées devenue institutrice. Elle ferait non seulement la classe aux enfants, mais aussi aux parents. L’enseignement de l’hygiène est prioritaire pour faire reculer la pauvreté. Mais il faudrait la payer correctement et régulièrement. Là est le problème (l’orphelinat vit sur un budget fait de dons jamais suffisants). Dans ces villages, l’instituteur est payer 30$ par mois, et pas toujours… alors il n’est pas souvent là car il doit partir cueillir ou chasser pour sa survie !
Il est 21h00 déjà. Les enfants sont assis devant la télévision dans le réfectoire (c’est l’un des deux soirs autorisés avec le samedi). Sœur Jeanne est désignée pour nous reconduire, accompagnée de Sœur Marie-Catherine qui ne conduit plus la nuit. Cela ne l’empêche pas chaque mois de prendre son 4x4 pour faire le tour des villages en prêchant l’hygiène et les mille et une manières de faire cuire un œuf !

mardi 26 février 2008

Sayfone, la charmante petite comédienne

Le village de Sayfone est au niveau du pont qui surplombe le Nam Kgum, cette rivière dans le lit de laquelle a été construit, en 1971, le premier barrage du Laos ; un lac de 250.000 hectares est ainsi né. Les paysans sont devenus pêcheurs sur le haut de leurs collines qui sont maintenant des iles magnifiques et les forestiers des plongeurs. Ici ni coraux, ni éponges, mais le teck : des immenses forêts immergées au stock quasi inépuisable.
Nous passons la nuit sur les bords du lac dans des bungalows, genre « ma cabane au Canada », au-dessus d’un petit village de pêcheurs. Ici pas ou peu de touristes. Un embarcadère pour les bateaux qui font la liaison entre les îles. Certaines ont été aménagées après la révolution de 1975 en camp de rééducation … pour les « mauvais éléments » ou les « fléaux de la société » ! Personne ne sait trop dire s’ils existent toujours ( ?!).
Au petit matin avec le soleil qui chauffe, la brume s’évanouit et laisse place au spectacle d’un ballet de barques motorisées (monotype 5, 5CV Honda !) qui font la course pour vendre leur poisson. A terre, un poisson chat de 25kg est négocié au portable. L’affaire se fait à 1 million de kips (4$ le kilo !). Nous attendons de voir la prise avant de quitter cet endroit authentique et d’une grande beauté.

Sayfone nous attend chez elle ce matin ; comme c’est samedi, il n’y a pas école. Nous étions venus en repérage et nous nous étions arrêtés en début de semaine sur notre route pour Vangvien. Nous lui avions laissé la grande feuille de Canson préparée par JFB et les crayons de couleur pour qu’elle fasse un beau dessin avec sa classe. Sayfone est en CE2 et travaille très bien. Elle est devenue à 8 ans et demi, une jolie fillette. Elle se déplace avec élégance dans sa robe à volants de bohémienne de théâtre ; elle se prête au jeu des photos avec JFM comme une vraie petite comédienne. Elle est gracieuse et n’est pas timide. Son père, Boun Thong (qui signifie : qui incarne la fête) et sa maman Toc ont une trentaine d’année et vivent désormais dans une petite maison de bambou louée en surplomb de la rivière, à 500m de celle de la grand-mère maternelle qui les accueillait chez elle auparavant.
Leur maison est simple, mais a « tout le confort » : télé (évidemment !), DVD, mixer, réfrigérateur, cocotte électrique. Du papier est tendu sur les murs pour empêcher les courants d’air ; c’est gai … à l’image de cette famille.
Boun Thong travaille au Nam Ngnum 2 en construction en amont de notre lac ! Il est Bac +2 avec une spécialité informatique. Il gère les stocks là-bas et y reste toute la semaine. Il construira une vraie belle maison quand il aura amassé suffisamment d’argent. Pour l’instant, la vie semble se dérouler simplement. Sayfone, opérée il y a 5 ans, est guérie. Elle incarne la joie de vivre comme sa petite sœur surnommée « Pouy » (elle n’a pas encore de nom car il n’y a pas d’acte de naissance au Laos ; on lui donnera un nom lorsqu’elle ira à l’école). Il fallait voir l’excitation à l’ouverture des paquets de « ma » (Claude Guichard) qui l’a accueillie en France. Ici au Laos, pas d’enfant égoïste ; on partage. Alors Pouy aura sa part avec les ballons qu’elle gonfle avec sa maman, que cela fait beaucoup rire.
Après les jus des noix de coco fraîches du jardin préparées à la machette par Toc, nous sommes invités à partager des légumes cuits à la vapeur et à l’ail (délicieux !), une carpe (élevée dans la rivière par le grand-père militaire du Phatet Lao en retraite), puis des bananes, des mandarines, le tout arrosé d’un verre de « Lao Beer ». C’est la fête ! Il faut dire que c’est aussi la fête dans toutes les maisons du village avec karaoké et musique à fond.
Sayfone à qui nous avons confié le petit appareil va de maison en maison pour faire son reportage.
Boun Thong s’est absenté pour acheter une carte de téléphone et appeler Claude Guichard. JFB prétexte d’avoir le numéro préenregistré et appelle. Malheureusement, Claude n’est pas là. C’est au répondeur que Sayfone glisse doucement un « Je vais bien. Je travaille bien. J’aimerais te voir. Merci ». Elle n’a pas oublié sa marraine de France et ses quelques mots de français.
La journée s’avance et nous avons de la route à faire avant la nuit (avec beaucoup de chicanes mobiles non éclairées !). Nous quittons avec des grands « au-revoir» sincères cette famille à l’image de Sayfone, naturelle et charmante.




lundi 25 février 2008

Kingkéo, le petit guerrier

Vendredi au petit matin, nous avons quitté Vangvien et sa douceur, pas étonnant qu’en amont du fleuve Nam Song les petits « resorts » de paillotes soient devenus incontournables pour les « backpackers » (les routards) à la recherche de bonheurs … parfois artificiels !
La route est plus longue que prévue d’autant que nous avons dû porter assistance à un camion de ciment renversé dans le ravin … direction bloquée ? … Plus de peur que de mal.
Lorsque nous arrivons chez Kingkéo, il est 11h30 et le village est en fête. Aujourd’hui, c’est le Mâkha Bouça Day, la fête du 3e mois de pleine lune chez les bouddhistes. Au Laos, dans les villages, les occasions de distractions sont rares. Alors une fois par mois, il y a le prétexte d’une fête religieuse … ou politique !
La maman de Kingkéo, institutrice en CP, est en vacances scolaires jusqu’à lundi. De même pour Kingkéo qui est cette année en CE1. Il travaille bien, il est tonique et sans être bien gros, son surnom de Héo (le squelettique) n’évoque plus que le passé. Il a 7 ans maintenant et a été opéré il y a 2 ans. 1 semaine après sa naissance, ses problèmes sont apparus. Il a été soigné à l’ampicilline à l’hôpital du district où il a fait de nombreux séjours de longue durée qui ont épuisé les ressources de sa famille, jusqu’au jour où il fut dirigé sur l’hôpital Mahosot à Vientiane. Un mois après, il partait en France. De son séjour dans la famille Bettencourt, il se souvient de cette étrange machine qu’il fixait pendant des heures en la regardant tourner … une machine à laver ! Il faut dire que dans son village, qui n’est pas un des plus pauvres, la modernité c’est d’abord la télé, qu’on partage parfois à plusieurs maisons, et les haut-parleurs saturés qui « crachent » en boucle les tubes laotiens du moment !
Phet, la maman de Kingkéo, a accouché de ses 3 enfants (Kingkéo, sa sœur Singsing 10 ans et son grand frère Tia 15 ans) dans une petite maison de bambou (24m2) près de la rivière. A la mort de son père, il y a quelques années, Pet et sa famille ont déménagé dans cette maison, plus vaste, avec la deuxième femme de son père, sa belle-mère qui l’a élevée. C’est elle, au visage d’indienne d’Amérique, qui avant le déjeuner offert en notre honneur, va diriger la petite cérémonie du Baci. Difficile de savoir si ces cérémonies prennent place pour chasser nos démons ou nous protéger d’en avoir … sans doute les deux à la fois.
Kingkéo est un vrai petit garçon. Il l’affirme avec le fusil (en plastique !) qu’il arbore fièrement, et avec lequel il joue à la guerre … une guerre qu’il n’a pas connue et dont personne ne parle ici, même si encore aujourd’hui certaines zones sont interdites pour cause de bombes non encore désamorcées.
Après un déjeuner, où nous goûtons du cœur de cocotier (genre pousses de bambou), nous proposons à Kingkéo de troquer le viseur du fusil pour celui du petit appareil photo. Kingkéo disparaît pour une opération commando dans le village. Nous le retrouvons au moment du départ pour la traditionnelle photo de famille et celle du dessin qu’il a fait la veille à l’école avec ses copains. Echange d’armes. JFM récupère le petit appareil, Kingkéo son fusil. Il regarde l’heure de sa nouvelle montre et court vers la rivière avec sa bande, qui aurait pu inspirer la « Guerre des boutons » !


vendredi 22 février 2008

Ony, la timide

Grâce à elle, nous découvrons Vangvien. Quelques kilomètres avant Vangvien (entre Vientiane et Luang Prabang), une pagode et un petit chemin à droite qui va à la rivière. Ce doit être celui qui mène chez Ony.
Une femme alerte sort de sa maison en dur. C’est la grand-mère maternelle d’Ony, suivie de son mari, instituteur, en uniforme kaki. Oui c’est là. Nous sommes bien attendus demain par toute la famille au complet.
Nous resterons à Vangvien deux jours dont un de « break » … il y a des grottes à voir et il faut descendre la rivière en barque !
C’est le Nam Song qui coule dans cette vallée entourée de pains de sucre karstiques, comme on les voit à Phuket. Notre hôtel surplombe la rivière. Il appartient à un français de Bangkok. Nous sommes accueillis comme des amis. La vie quotidienne locale se déroule sous nos yeux : les enfants se baignent, pêchent avec des fusils harpon de fortune, les (petits) camions empruntent l’unique pont à péage (0,10 $ !), mais quand le niveau est bas tout le monde traverse la rivière les pieds dans l’eau, bicyclette sur le dos ou bidon au bout d’un bambou. Même les toc-tocs – ces attelages de « bœufs chinois » - empruntent ce chemin … plus économique.
Il est 12 heures le lendemain. Nous sommes chez Ony. La maison en dur (le papa travaille à la cimenterie) et au centre d’un enclos de bambou. Une petite fille de 3 ans court derrière les poules et les canards en liberté. C’est Tina, la petite sœur d’Ony. Ony arrive sur la moto familiale avec sa maman, qui s’appelle Monh (rond en laotien). Elle est très jolie et n’est pas ronde !
Nous sommes invités à entrer. Le père, surnommé Méo, nous prépare dehors des noix de coco pour « l’apéro » qui sera suivi d’une poule bouillie et de riz gluant.
Ony va avoir 7 ans en mars. Elle a été opérée il y a 1 an et a été accueillie par la famille Gontier en région parisienne. Son opération, qui s’est bien déroulée, ne lui a laissé aucune cicatrice. C’est une jolie petite fille qui ressemble à son papa, mais qui comme sa mère est très réservée et sans doute très timide. Ses sourires sont rares sauf lorsqu’elle aura en main le petit appareil photo et qu’elle s’amusera du résultat !
Lors de la traditionnelle distribution des lettres, dessins, cadeaux, Tina prend les choses en main et plonge dans le sac en s’attribuant ce qui lui plait. Ony est un peu débordée, puis tout rentre dans l’ordre avec un « petit ours » et une petite voiture à ressort qui occupe Tina un moment. Tina est plutôt à l’image de sa grand-mère, qui nous raconte que les problèmes d’Ony sont apparus 2 ans après sa naissance. Toujours les mêmes symptômes : toux, respiration difficile. Toujours le même diagnostique : problème pulmonaire. Voyant qu’Ony ne grandissait pas et que ses lèvres et ses doigts devenaient bleus, ses parents se rendent finalement à l’hôpital Mahosot à Vientiane qui prépare aussitôt un dossier pour un départ en France, en vue de l’opération de son cœur. II aura lieu 1 an plus tard compte tenu du planning des possibilités de prise en charge.
De Paris, Ony a ramené un ours qui parle et qui ne la quitte pas, sauf lorsqu’elle va à l’école. Cette école où nous nous rendons le lendemain. Nous y retrouverons une petite fille métamorphosée au milieu de ses petits camarades ; souriante et sérieuse à la fois … Son grand-père dit qu’elle travaille très bien ! Il aimerait qu’elle devienne institutrice comme lui …






Juste pour le plaisir !

Une photo de notre dîner avec les JF. Une autre de JFB et d'Alizée en pleine rédaction du texte pour le blog.
Une belle aventure se termine.
La famille Portier



Les Portier - le départ

(texte et photos adressés par la famille Portier)
20 février 19h30 – Aéroport de Ventiane
Notre minibus s’arrête à l’entrée de l’aéroport. A peine le temps de descendre et de prendre nos bagages que nous retrouvons dans le hall une vingtaine de personnes, soit presque la totalité des personnes présentes à la fête de la veille ! Yen, Tran et Phountanong viennent immédiatement se jeter dans les bras de Véronique qu’ils appellent leur maman de France. Les larmes sont déjà présentes alors que les adieux n’ont pas encore commencé.
Chacun d’entre nous reçoit, autour de son cou, un collier de fleurs fait probablement quelques heures auparavant, + un vrai bouquet de roses pour Véronique.
Dans le hall, les autres passagers doivent se demander : mais qui sont ces personnalités ? Je crois qu’ils n’ont pas conscience que les personnalités ce sont ces enfants et leurs parents qui ont à donner plus que tout autre objet de valeur : l’amour et la reconnaissance. Des cadeaux qui n’ont pas de prix et que l’on ne peut se procurer nulle part ailleurs que dans leurs regards ou gestes.
Après avoir enregistré nos bagages, nous retournons avec les enfants pour une nouvelle séance photos avec leurs familles. Nous leur demandons alors (avec l’aide de Marie en guise de traductrice) :

Question : Mais comment êtes-vous venus à l’aéroport ?
Réponse : En mobylette !

Question : Tous ?
Réponse : Oui, c’était sans problème à trois par mobylette …….

Tout semble si simple au Laos que nous nous interrogeons alors : Comment allons-nous faire pour rester impassibles faces aux railleries des gaulois que nous sommes dans quelques heures lorsque notre avion atterrira à Roissy ?
Le temps est venu alors de nous quitter et nous ne parvenons pas à imaginer un seul instant que nous nous ne reverrons pas. Ils font partie de notre famille, ces enfants et ces parents.

Les larmes sont visibles sur chacun de nos visages et les larmes n’ont ni âge, ni frontière. Elles sont le symbole de l’amour et nous disons un grand merci à l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque de nous avoir permis de vivre ces instants magiques...


Les Portier en fête

(texte et photos adressés par la famille Portier)
Cérémonie de Baci avec Tran, Yen et Phountanoung
Nouvelle soirée d’émotion le mardi 19 février lorsque trois des quatre familles des enfants que nous avons accueillis se regroupèrent pour organiser une fête en notre honneur.
Marie de SFL accompagnée de son époux, toujours aussi dévoués, passent nous prendre à l’hôtel vers 17 heures. Accompagnés de nos quatre enfants nous voilà partis à environ une vingtaine de kilomètres de Ventiane pour rejoindre l’oncle de Yen qui s’était proposé pour organiser cette soirée. On nous attendait sur la route principale afin de nous aider à trouver la maison de l’oncle de Yen située à environ 1km de la route principale, au bout d’un chemin de terre. En arrivant nous constatons une nouvelle fois que ces gens, d’une grande pauvreté, avaient encore mis toute leur énergie pour mettre en place un petit barnum avec guirlandes, tables, chaises, musique. On se serait cru à la fête du village avec parents, oncles, tantes, cousins et cousines des trois familles.
Le temps de dire bonjour à tout le monde, un homme un peu plus âgé que les autres, une sorte de patriarche, nous invite à partager le traditionnel Baci. Cette fois-ci Arthur et Michel ne purent échapper au verre d’alcool de riz local qui aurait certainement pu alimenter n’importe quel moteur à explosion thermique, et pour moi, les pattes de poulet à tenir dans les mains pendant la cérémonie ! Nouvelle distribution de bracelets, incantations, prières, chants et jets de riz.
Nous ressortons alors de la maison pour aller dîner. La table fut vite remplie des mets traditionnels laotiens : riz, poulet, porc, salades diverses mais également de produits dont nous ne savions ni s’il fallait les manger tout cru tel quel ou les éplucher, ni s’ils faisaient partie de la famille des légumes ou des fruits. Phouthanong prit en charge Véronique en lui préparant son assiette. Cette expérience culinaire se passa dans la bonne humeur en musique, avec la sono probablement louée pour l’occasion. Nous avons bu bière, Coca, Sprite, re-bière, re-Coca, puis un peu tout en même temps mélangé dans le même verre, voire celui du voisin, tant les familles voulaient que nous ne manquions de rien et étaient attentionnées à notre égard. Leur gentillesse et leur reconnaissance à notre égard illuminaient la nuit.

A la fin du repas vers 20 h, car on dîne très tôt au Laos, les tables du milieu du barnum furent débarrassées pour laisser de la place. A quoi allions-nous assister ? Qui allaient être les auteurs du spectacle ? Et bien, nous fûmes un par un invités à danser et nous nous retrouvâmes rapidement au milieu de la piste à danser ni un slow, ni un rock, ni un tango, ni une valse, mais bel et bien une danse laotienne. Heureusement les pas furent vite appris : 3 pas en avant, un pas en arrière, et les mains se tortillant devant soi sans excès. En l’espace de quelques minutes nous étions devenus de vrais laotiens.
Quelle fierté de faire partie de ces gens si humbles, si généreux et si reconnaissants vis-à-vis de nous pour avoir accueilli pendant quelques semaines leurs enfants malades. Le bonheur n’était pas dans le pré, mais bel et bien quelque part au bout d’un chemin de terre près de Ventiane.

Vint alors la séance des photos avec les trois enfants, leurs parents et nous-mêmes pour garder un souvenir de cette soirée si émouvante. Il nous fallait alors partir et nous ne savions comment les quitter. Quels mots leurs adresser ? Lorsqu’ils nous ont dit : demain nous serons tous là à l’aéroport pour votre départ.
No comment !

jeudi 21 février 2008

Seng, l'ange miraculé

Nous quittons la nationale 13 ! Une longue piste de terre rouge poussiéreuse nous conduit à 10km chez les parents de Seng. Une maison simple de bambous, accrochée à un hameau, au milieu des cultures de riz et d’hévéas.
Il y a un an environ que Seng a été opéré dans des conditions dramatiques. La veille de son départ de Vientiane, il souffre de violents maux de tête et de nausées. Oubol, son papa, et Teiy, sa maman, ont peur qu’il ne parte pas. Il allait enfin – peut-être – pouvoir respirer et grandir ! Cela faisait 5 ans qu’il toussait et que le médecin «privé» du proche village avait aussi diagnostiqué et soigné un problème pulmonaire. Et puis, comme Seng ne guérissait pas, une cousine éloignée – ils sont tous cousins ! – dont le fils avait eu les mêmes symptômes, l’a dirigé vers l’hôpital Mahosot à Vientiane : maladie de falot. Le dossier médical et le dossier administratif sont acceptés et bouclés. Il partira malgré ce mal de tête de la veille. Ce départ est une lueur d’espoir pour les parents de ce petit garçon prénommé Seng (lueur en laotien).

On est le 1er janvier 2007. A l’arrivée à Bordeaux où il est accueilli par la famille Falgon, ses fortes migraines reprennent. Après scanners, IRM … on décèle un abcès au cerveau qui nécessite une intervention en urgence du service de neurochirurgie.
Seng qui a maintenant 6 ans et demi et qui est fils unique était décrit par ses parents dans une lettre laissée dans son petit sac, comme l’enfant « idéal ». Effectivement, il a traversé ses opérations et sa rééducation avec calme, courage ; attentif aux explications que lui donnait un couple laotien ami, jamais il ne pleurait. Pourtant son opération au cerveau l’a momentanément rendu hémiplégique côté gauche, et il a fallu à ce petit bonhomme beaucoup de persévérance dans sa rééducation pour que tout revienne dans l’ordre … ou presque !
Un mois après, il subit son intervention au cœur. Elle est compliquée mais réussie. Il va pouvoir grandir et rattraper ses copains de l’école.


Cette année, il est en CP à un petit kilomètre de sa maison. Le vieux vélo qui dort sous le plancher de sa maison est trop petit pour son papa, trop grand pour lui : il devra attendre pour aller à l’école en pédalant, puis à 12 ans au collège qui est plus éloigné …

Nous irons à 13h30 à l’école pour rencontrer sa maîtresse et faire le dessin.
Aujourd’hui ni baci, ni déjeuner de fête. La grand-mère est retournée à ses travaux. Elle confectionne des tuiles en bambou pour réparer le toit en prévision de la saison des pluies.
Nous invitons Seng et ses parents à partager notre déjeuner.
Nous reprenons en sens inverse la piste de terre rouge encombrée de « buffles chinois », ces remorques attelées à des motoculteurs chargées de bambous ou de passagers coiffés de chapeaux les plus hétéroclites, pour se protéger du soleil de midi.
En chemin, JFB se demande quoi faire pour cette famille démunie et pour Seng qui traîne un peu sa jambe gauche, séquelle de sa première opération … un vélo !
Nous trouvons un restaurant où nous commandons une soupe de nouilles au poulet. Elle est parfumée. Ce sera la meilleure à ce jour.
A la bifurcation avec la nationale 13, il y a un bourg avec son marché et ses marchands en tout genre. Seng à qui nous avons parlé du vélo ne se montre pas impatient. Il est doux et fait les choses doucement. C’est soigneusement qu’il a rangé dans le placard son nouveau tee-shirt de la coupe du monde de rugby offert par la famille Falgon … sans doute de peur de le salir à l’école.

Seng n’a pas oublié ses 4 mois avec eux. Il nomme sans hésiter en les montrant sur les photos : Christophe, Christelle, Emma, Baptiste. La dernière cuillérée de soupe avalée, nous partons tous chez le marchand de vélo. Seng hésite entre le blanc à roues rouges ou le rouge à rayons chromés. Seng suit les recommandations de son papa. Ce sera le rouge avec sonnette, panier pour les cahiers, porte-bagages rembourré pour le copain ou la copine… Mais pour cela, il faudra apprendre à rouler sans les roulettes jaunes !

Une joie immense envahit Seng, Oubol et Teiy, ses parents. Pas de ces joies expansives, mais plutôt une « lueur » de bonheur pour seulement 37$.…







PS : En février 2007, l’association Santé France Laos et la famille Falgon ont réussi à mobiliser 28.000 euros autour du cas de Seng. Cette somme a permis de couvrir les frais de son opération au cerveau pour laquelle il est resté plus de 10 jours en réanimation.

mercredi 20 février 2008

Namfone, l’adorable chipie !

(Namfone SITHAMMAVANH est née le 04/05/01 à Ventiane de nationalité Laotienne. Elle a été accueillie par la famille Portier en France de novembre 2004 à janvier 2005. Les Portier en vacances avec leurs enfants retrouvent leur adorable chipie)
Texte rédigé par la famille Portier.

Quel bonheur que de préparer la visite à la famille de Namfone petite fille que nous avons accueillie il y a déjà plus de 4 ans pour une opération à cœur ouvert. Cela faisait déjà depuis plusieurs semaines que nous pensions à cet instant magique de retrouver Namfone. Après un départ à 8 heures du matin de Ventiane nous suivions avec notre chauffeur contacté la veille pour l’occasion la voiture des deux Jean-François en mission pour recueillir des témoignages d’enfants du Laos opérés en France dans le cadre de l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. Sur la route le bonheur était tout d’abord occulté par un sentiment d’inquiétude : allions-nous trouver la maison de Namfone ? Nous attendait-elle ? Allions-nous la retrouver à l’école dans sa classe ? Pensait-elle à nous ?
Et comme au Laos tout semble simple, tout problème de la vie stressante de nous occidentaux contraste avec cette tranquillité qui domine dans ce pays pauvre accompagné de la gentillesse de ses habitants.
Nous arrivâmes vers 11 heures dans la maison des parents de Namfone qui nous attendaient avec toute leur famille : Une bonne trentaine de personnes ! Nous avons ressenti immédiatement gentillesse, amour et bonheur. Nous sommes partis directement à l’école du village. En arrivant nous avons été directement dirigés vers la classe de Namfone. La maîtresse d’école nous voyant prit Namfone par la main et la dirigea vers nous. Celle-ci se jeta alors dans les bras de Véronique sa maman d’accueil et l’émotion fut à son comble. Nous avions l’impression d’avoir quitté Chipie (son surnom) il ya quelques jours ! Namfone (littéralement « goutte de pluie » en Laotien) était un océan d’émotion.

Comment rester indifférent face à ces petits enfants dans une classe en bois où le seul luxe semblait être un tableau noir ? Nous n’avons rencontré que des enfants souriants, heureux de vivre, manifestant gentillesse à tout instant, vous saluant les deux mains jointes pour un simple bonbon. Quelle leçon d’humilité.
Namfone enfant de la pluie, pluie source de vie, dont l’amour est le moteur. Les frontières naturelles et barrières de la langue peuvent être franchies par un simple sourire d’enfant.
Dans la maison des parents nous avons assisté au Baci, fête familiale mêlant religion, incantations au bonheur, réunis tous en cercle autour d’un ornement floral. Puis nous avons partagé avec toute la famille le repas du midi où le met principal fut l’émotion. Emotion partagée entre gens qui donnent, les familles d’accueil, et gens qui reçoivent, les familles d’enfants malades.
Les enfants ont partagé avec une complicité extraordinaire des moments magiques. Namfone était accrochée à sa maman d’accueil comme aux premiers instants de son arrivée en France pour son opération. Son petit frère Namfu jouait avec Arthur et les jumeaux, Tom et Sébastien.
Après quelques heures en compagnie de la famille de Namfone, nous avions l’impression de les connaitre depuis toujours. C’est sans doute cela la magie des enfants.





Les Portier and co

Nous avons rencontré la famille Portier à Luang Prabang, en milieu de semaine dernière. Ils arrivaient du Nord après 2 jours de navigation sur le Mékong, s’arrêtant de villages en villages dont celui de Ken… Ils ont sans doute croisé son sourire malicieux ou l’une des grimaces dont il a le secret. Véronique et Michel voyagent avec leurs enfants, Alizée, Arthur, et les jumeaux Seb et Tom. Comme Ni et Na, ils se ressemblent à s’y méprendre, mais n’ont ni couettes ni nattes pour faire la différence!
Nous les avons retrouvés hier soir à Vientiane où ils étaient arrivés en début d’après midi. 3 des 4 enfants qu’ils ont accueillis du Laos avaient absolument tenu à venir les accueillir à l’aéroport dès leur arrivée : Phouthanong, petite fille de 13 ans opérée il y a 2 ans - elle habite à 20 km de Vientiane ; elle est venue sur la moto de son père assise derrière sa mère. Egalement Yen, une autre petite fille de 13 ans opérée il y a 1 an ; elle a fait 7 heures de car depuis le Nord après avoir marché 5 km avec son papa jusqu’à la route. Enfin, Tran, fou de foot, 13 ans aussi, qui a voyagé toute la nuit depuis le Sud avec son père en bus « couchette » ; il est revenu de France il y a tout juste 3 mois.
Le temps est suspendu. L’immense reconnaissance de ces enfants et de leurs familles est palpable comme la forte charge affective de la famille d’accueil dans ce moment préparé depuis de longs mois : revoir les enfants, connaître leurs parents, renouer avec la complicité des moments vécus ensemble … dévorer l’instant !
Avant de quitter cette réunion de famille, JFM prend la photo «officielle».
Demain nous irons tous ensemble chez la petite Namfone où une autre page de bonheur se prépare. Et mardi soir, les familles de ces enfants, qui sont restées à Vientiane tout spécialement, organisent avec l’aide de la fée Marie (SFL) un Baci en l’honneur de la famille Portier avant leur départ ! Nous ne serons malheureusement pas de la fête. Ony nous attend déjà à Vangvien, plus au Nord.

lundi 18 février 2008

Na et Ni. Ni et Na

Na habite un village à 25 km au sud de Luang Prabang. Arrêt au marché chinois, près du stadium pour acheter une polaire à JFB. Une autre journée froide s’annonce, un de ces petits froids humides qui vous transpercent !
Toujours la nationale 13 devenue familière ; puis une bourgade avec les maisons implantées de part et d’autre de la route, cachant des quartiers entiers d’habitations en bambous et feuilles de bananier tressées.
C’est dans l’une de ces maisons ouvertes aux courants d’air et au froid comme en ce moment, que la petite Na, 4 ans et demi, habite avec sa sœur Ni. Elles sont jumelles et se ressemblent incroyablement. Pour identifier Na, JFM a collé sur son tee-shirt un cœur du Mécénat qu’elle arbore avec fierté !
Na avant de partir en France pour se faire opérer (elle avait 17 mois) était surnommée « Jay » : la petite maigre, et Ni : « Gnay », la petite grande ! Cela en dit long sur l’état de Na qui depuis sa naissance respirait mal et économisait ses forces. Na qui ne marchait pas avant son départ est revenue en marchant et 6 mois plus tard elle avait rattrapé sa sœur en taille et en poids. Maintenant il n’y a que la coiffure qui les différencie l’une de l’autre : des couettes pour Na et une natte pour Ni.
Na semble avoir été très heureuse pendant son séjour à Paris ; elle ne voulait plus quitter l’accompagnatrice à son arrivée à Vientiane où ses parents l’attendaient. Mais Na a beaucoup manqué à Ni qui, avant cette séparation, protégeait sa petite sœur. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, elles sont comme chien et chat, mais ne se quittent plus.
Na et Ni n’ont pas été à l’école ce matin (la petite maternelle - la 1ère de 3 années). Elles attendaient notre arrivée pour nous y conduire. Nous y allons en voiture car elle est située en dehors du bourg à 1,5 km à pied. Chanch (on dit Chan), sa maman, les y accompagne chaque jour et c’est souvent son papa, Khamhome (surnommé Om) qui va les rechercher. Il y a normalement 30 élèves et 2 maitresses dans la classe. Aujourd’hui, ils ne sont que 10 car il y a beaucoup de malades. On comprend que dans une classe ouverte aux 4 vents les petits s’enrhument, d’autant que tous ne sont pas habillés comme il le faudrait.
Nous donnons des crayons à tous les enfants, un « petit ours » du Mécénat à chaque maitresse ; tous s’installent en rond pour faire de beaux « gribouillis » sur notre planche de Canson. La maitresse signe, date, et une petite séance de chant- gymnastique s’organise. Ca réchauffe !
Il faut maintenant revenir pour le déjeuner organisé dans la grande maison épicerie - aussi en bambou - de la grand-mère. Veuve depuis 20 ans, elle se distingue par ses lèvres et ses dents teintes en rouge par le bétel, et règne sans partage sur sa famille et a son mot à dire sur tout. C’est elle qui, en cachette de sa fille Chanch, voulait « donner » la petite Na à sa famille d’accueil. Mais comment imaginer Na sans Ni et Ni sans Na !
Une cérémonie de « Baci » nous attend dans l’arrière boutique. Le rituel des incantations : les liens de coton noués à nos poignets (et à ceux de Na et de Ni), le petit morceau de blanc de poulet arraché à la carcasse, le verre d’alcool de riz à boire cul sec... se répète. Le repas suit, le plus simple qui nous ait été offert : un bouillon de légumes où nagent quelques têtes de poisson (pas de viande, elle est trop chère) et un gardon grillé du MEKONG sur un bol de riz gluant.
JFM se fait brancher l’électricité dans la maison de Na et imprime quelques unes des photos qu’il a prises lorsque nous avons remis l’enveloppe de la famille Baerd (lettre traduite par MO, petits cadeaux partagés avec Ni,…), et les 2 petits sacs à dos, l’un pour Na, l’autre pour Ni. Les montres ont beaucoup de succès d’autant que Na n’en avait pas et que celle de Ni était cassée !
Om, le papa qui est un militaire avec le grade d’aspirant, a pris sa journée. Il écrit sur une feuille de cahier d’écolier un petit mot à la famille Baerd. MO traduira plus tard et discute avec les vieilles femmes qui, autour d’un feu de braises, encouragent les jumelles à dessiner sur la nouvelle ardoise magique. Une dizaine d’ado, des cousins, arrivent de l’école, plongent leur tête dans la maison et commentent les photos. JFM a bientôt terminé. JFB monte l’encadrement (en carton prédécoupé apporté de Paris) de la photo choisie par Chanch. Na nous la présente.
Nous allons devoir quitter Na et Ni. Sa maman les tient dans les bras, son papa plus timide est en retrait. Nous glissons quelques dollars dans sa poche pour l’aider à habiller les enfants. Ses remerciements sont simples, sincères. Une leçon de dignité !

dimanche 17 février 2008

Milinda, la petite fille radieuse


Nous sommes attendus à midi. Nous faisons 2 heures de route sur la nationale 13 qui se termine au Nord, à la frontière chinoise. La lumière est mauvaise et le froid de loup persiste. Pour combien de temps encore 1, 2, 3 jours ? Nul ne sait. Au bord de la route, les jeunes comme les vieux se réchauffent autour de petits feux ou marchent une brindille en feu à la main. Avec ses rangées de teck qui ressemblent de loin à des peupliers, la nationale 13 prend des airs de départementale française !
Nous arrivons dans une bourgade, sans début, ni vraie fin. Arrêt devant le marché. Milinda doit habiter tout près. A peine descendus de voiture, elle est là avec sa famille, bientôt élargie au quartier ! Nous sommes très attendus … Mais panique, Mo a enfermé ses clefs de contact dans la voiture. Nous n’avons ni accès aux appareils photos, ni aux cadeaux. Le double est à 3h en moto. L’alternative, c’est le marchand de moto qui avec un fil de fer ouvre la porte en 30 secondes ! Il donne le mauvais exemple, mais il est pardonné.
Pendant ce temps, Milinda nous évalue l’œil en coin. L’opération terminée, elle nous entraîne vers sa maison. Modeste mais récente au milieu de maisons traditionnelles en bambou. C’est là qu’elle a emménagé à son retour de Paris, il y a 1 an. Avant, elle habitait près de chez ses grands-parents à 1h de bateau le long du Nam Nga, un affluent du Mekong. Son père Thongdy a quitté le travail dans les rizières et a bénéficié de l’incitation du gouvernement au regroupement dans des gros villages. Il a désormais une petite boutique de quincaillerie au marché. Traditionnelle photo devant la maison, et la série des questions traduites par Mo peut commencer selon un scénario désormais bien rodé entre nous !
Milinda qui a 6 ans et demi, a souffert 1 an après sa naissance de difficultés respiratoires et toussait surtout beaucoup. A plusieurs reprises, l’hôpital de Luang Prabang où ses parents consultaient, a diagnostiqué des problèmes pulmonaires. Les traitements se montrant sans effet, à l’occasion du mariage à Vientiane d’un frère cadet, ils emmènent Milinda et en désespoir de cause, consulte à l’hôpital de la capitale. Un médecin les dirige sur le service de cardiologie. Elle a très vite compris qu’elle devrait se faire opérer, et demandait chaque jour à ses parents quand elle partirait ! 6 mois plus tard, le 1er janvier 2007 Milinda était dans l’avion pour Paris.
C’est confiante qu’elle a quitté ses parents pour ne les revoir que 3 mois plus tard. Elle les a alors retrouvés avec le sourire d’une petite fille radieuse sachant compter jusqu’à 10 en français !
Après les questions, les cadeaux. Nous lui remettons l’enveloppe préparée par la famille Bloch (lettres, dessins des enfants, photos sur lesquelles Milinda s’attarde en riant …) et le petit sac à dos garni de crayons, cahiers, nounours ... Milinda est submergée de joie par tous ces petits riens qui sont beaucoup pour elle !
Nous la quittons pour repérer la « guest house » où nous coucherons ce soir, et lui confions le petit appareil photo. Elle en fait immédiatement un jeu et instaure une complicité malicieuse avec JFM.

Retour à 17h30 pour la fête à laquelle se sont joints le chef du village et le pharmacien. Le cérémonial auquel nous avons assisté chez Ken hier, se répète. Les incantations terminées, Milinda se précipite sur nous pour nouer à nos poignets ces traditionnels liens de coton blanc. Elle répète l’opération à plusieurs reprises comme une manière à elle de nous embrasser.
Nous remercions à travers les mots de notre guide, et expliquons que nous ne sommes que les représentants d’une chaîne de solidarité créée par Francine Leca, Patrice Roynette et Alphonse Pluquailec (SFL). Nous sommes les messagers de leurs bons vœux auprès de tous.
Les femmes ont disparu derrière dans la cuisine, sauf Milinda ; les hommes boivent beaucoup à notre santé et à la leur ! Nous nous retirons sur une litanie de « khawp jaï laï aï » (on prononce « krop » !) … pour merci beaucoup.

Nuit fraîche ponctuée du bruit des freins des camions chinois qui abordent leur descente vers le pont.
A 7h30, nous sommes sur le chemin de l’école. Milinda, tongs aux pieds, arbore le tee-shirt rouge de MCC sous son blouson rose, et prend la photo de tout ce qui l’intéresse sur son passage : le coiffeur, le marchand de bonbons. Avec 3 copines qui l’ont rejointe, elle prend un raccourci à travers un quartier de maisons en bambou. La grille de l’école est au bout. Elle fait seule ce petit kilomètre deux fois par jour comme une grande.
Milinda nous présente sa maîtresse. Le petit dessin de la classe se fera après les chants que nous enregistrons. A midi, fin de la classe, nous retrouvons Milinda qui nous donne le dessin qu’elle a fait pour nous. Mais c’est l’heure de se séparer et nous partons en gardant le sourire inoubliable de Milinda avec nous !





















vendredi 15 février 2008

La joie de vivre de Thanousin, surnommé Ken

Petit-déjeuner sous la véranda de Latharinh, guest house où nous sommes installés : œufs, saucisses Lao, baguette française (il y en a partout ici), expresso (spécialité du pays). Le temps a brutalement changé ce matin. Hier, c’était un été ensoleillé, aujourd’hui le plafond est bas, et il fait 14°c. Il en sera ainsi toute la journée. Dommage pour la lumière !
Une heure de route nationale et vingt minutes de piste, et nous sommes arrivés. Il est 11h00.
Deux grandes tables étroites sont dressées devant la maison, du papier journal en guise de nappe. Tout le village est là et nous attend. C’est intimidant !
Ken se tient bien droit près de son père Lan (surnom qui signifie « porte bonheur ») et de sa mère Boun.
Ce petit bonhomme de 5 ans a été opéré à l’âge de 2ans. Dès 3 mois, il avait les extrémités bleues, avait du mal à respirer et n’avait d’énergie ni pour se déplacer, ni même pour rire … quelle métamorphose !
Ses parents ont tout vendu pour soigner Ken. 3 fois par mois ils devaient aller à l’hôpital de Luang Prabang pour y acheter une bouteille d’oxygène. Ses parents étaient tellement désespérés qu’ils l’ont appelé Ken, le mot utilisé pour faire une offrande matinale aux bonzes en échange de leurs prières.
Le miracle est arrivé au bout de 2 ans lorsqu’une cousine, infirmière à l’hôpital, a été mise en contact avec un médecin de SFL, puis de MCC qui l’a pris en charge.
Après l’opération, Ken ne croyait pas en sa guérison et n’osait pas essayer de marcher. Aujourd’hui, il court de l’un à l’autre, et n’est pas à une grimace près, juste pour jouer !



Déterminé, il nous entraîne à son école. Elle est à deux pas. Il est en maternelle avec les plus grands. Son petit groupe nous fera un dessin sous l’œil de la jeune maîtresse à qui nous remettons crayons et petit ours du Mécénat. Elle est du village, comme les autres professeurs de l’école élémentaire. Quand Ken ira au collège, il devra y aller en vélo ; quand il ira au lycée, qui est plus loin, ses parents lui construiront une petite maison de bambou à côté de l’école. Il y couchera pendant la semaine, comme d’autres enfants des villages éloignés !
A midi, nous avons un beau dessin et nous sommes invités à la cérémonie traditionnelle des vœux : le baci. Longues incantations (que nous enregistrons !) autour d’une table basse garnie de fleurs et de nourriture. A la fin des prières, chacun des participants se précipite sur nous avec des liens de coton blanc qu’ils nouent à nos poignets en renouvelant leurs vœux. C’est extrêmement émouvant.
Nous sommes invités à trinquer nos verres remplis de Lao-Lao, alcool de riz au serpent noir confectionné par le cousin d’à côté (distillerie très artisanale … avec vue sur le Mékong !).

Pendant que Ken joue avec ses copains d’école, dont beaucoup sont ses cousins, JFM prend des photos, JFB écoute les parents raconter l’absence, l’inquiétude et le retour de Ken … qui ne parle plus que français et fait celui qui ne les reconnaît pas !
JFM revient avec Ken à ses trousses, pour la remise du sac avec l’enveloppe de la famille Barret-Parichon et les « goodies » du Mécénat. Il est très fier de sa montre. Son regard est lumineux. Mo traduit la lettre avant d’aller visiter le village avec son père et son grand-oncle.

Nous avons confié à Ken, le petit appareil photo. Ken fait son reportage avec sérieux et est tout content de photographier tout ce qu’il nous montre !

Il est bientôt 16h00. Nous allons repartir. Tout a été rangé. Les femmes de la maison sont regroupées à l’extérieur autour d’un feu. Nous les remercions. Les au revoir sont interminables.
La fête est finie, mais quel bonheur.





























mercredi 13 février 2008

Mek le "chef de classe" et Petsamone l'étudiante high-tech

Notre deuxième journée à Luang Prabang a été chargée.








Levés 6h30, pour être à l’heure sur le
chemin de l’école avec Mek.


Nous y croisons de jeunes bonzes avec
leur traditionnelle tunique orange.




Dans la grande cour, nous assistons à la montée des couleurs comme tous les matins.


Mek est au milieu des rangs serrés.




Les chants terminés, nous nous présentons à sa maîtresse et lui confions des crayons de couleur et une grande feuille de papier à dessin. Mek et ses camarades y écriront un mot de leur choix en français. Ramassage des copies à la récréation de 11h00 … Le résultat coloré sera à la hauteur de nos espérances.






Nous reverrons Mek le soir au dîner chez ses grands-parents qui nous ont invités avec toute la famille.


12h30. Nous avons rendez-vous avec Petsamone et Khan, une de ses amies de l’université qui la véhicule à moto.
Petsamone a 22 ans et a été opérée il y a 5 ans. Malgré le fait qu'elle ait subi 3 interventions en 3 semaines, elle a gardé un excellent souvenir de son séjour près de Paris dans la famille Seguin.


C’est une jolie jeune fille, coquette et intelligente comme on en croise autour de l’université Souphanouvong où elle fait des études d’informatique. Son rêve, faire carrière dans le tourisme au Nord où vit désormais son grand frère.
Ses parents tiennent une petite infirmerie-pharmacie, dans un village à 5 heures au Sud, en car, puis en bateau !
Nous lui remettons l’enveloppe des Seguin et un petit bracelet « cœur ». Elle repart ravie sur la moto de sa copine abritée du soleil par son ombrelle bleue !
Demain sera un autre jour. Elle passe ses examens de mi-trimestre, avant de rentrer dans son village.









19h00. Nous rejoignons Mek et sa famille réunie au grand complet pour un dîner de fête.




Remise de l’enveloppe de Claude Guichard, qui a reçu Mek lors de son opération en France.

Les ballons font grand effet … et grand bruit.
Mek est devenu bavard.


Son souvenir rigolo de Paris, c’est la voiture qui faisait « vivo, vivo, vivo » dans la rue … l’ambulance !








mardi 12 février 2008

Arrivée Luang Prabang - Jour J+1


Vol de 35mn Vientiane-Luang Prabang sur un ATR (Avion Toujours en Retard… comme disent les mauvaises langues locales !). Il est à l’heure aujourd’hui. Il fait chaud.


L’ambiance de Luang Prabang est celle d’un village de montagne de basse altitude avec des temples et de belles maisons des années 20 construites sous le protectorat Français. Nous nous installons dans la guest-house de Mo (pour Molavong) qui est venu nous chercher à l’aéroport dont la piste longe le Mekong.
Mo, comme beaucoup de Laotiens qui vivent correctement, a plusieurs cordes à son arc : ancien professeur de français, la soixantaine, il a occupé des postes de fonctionnaire au ministère de l’éducation et depuis 93, il est en préretraite ; il s’est reconverti dans la production de carpes, après avoir échoué dans celle des poulets pour cause de grippe aviaire. Il est aussi distributeur d’un excellent café du Laos pour la région… quand il ne fait pas le guide-interprète pour les médecins de SFL de passage ou pour les JF. Il connaît tout le monde !
Cet après-midi, nous avons pris contact avec les familles des enfants. Elles sont toutes dans un rayon de 30 Km, sauf Milinda. Il nous faudra 2 jours pour aller voir cette petite fille de 5 ans qui vit dans les rizières où travaille son père.

Phounsavath, surnommé Mek par ses parent, habite à deux pas de notre hôtel. Notre Mo connait bien évidemment sa famille ! Nous passons le prendre chez ses grands-parents sur le chemin des cascades deTat-Kouang-Si, où nous prendrons nos premières photos. Il nous attend avec son grand cousin.
Mek est un petit garçon de 9 ans aux yeux malicieux et il est très appliqué. Il fait l’acteur devant l’objectif de JFM sans jamais vraiment sourire… sans doute par timidité. Malgré une lumière de fin de journée, les photos sont superbes.






Demain nous irons à l’école élémentaire où Mek est en CE2 bilingue Lao-Français. RV à 7h30 devant chez lui.
Nous lui confions jusqu’à demain soir un petit appareil photo et lui demandons de faire les images qui lui chantent. Nous sommes certains qu’il se débrouillera très bien !

lundi 11 février 2008

Arrivée Vientiane - Jour J0




Vientiane. Samedi 10 02 08
Le Jour J de notre voyage était-il le jour de notre départ de Paris ou était-il celui de notre arrivée à Vientiane ?
Inconsciemment nous avions choisi celui de notre arrivée. Et nous avions raison… L’inconnue n’était pas dans les 11 heures de vol, mais dans tout ce que nous allions découvrir ou faire dès notre arrivée !
Marie de SFL (Santé France Laos) est là pour nous accueillir. Tous nos bagages (7 au total !) sont là… Concours de circonstance, nous étions dans le même avion en provenance de Bangkok que le nouvel Ambassadeur de France. Il est accueilli par le conseiller de la coopération et de l’action culturelle, Jean-François Grunstein. Cela tombe bien nous devions rencontrer ce troisième JF sur les recommandations d’amis de Paris. RV est pris pour le thé dès aujourd’hui car il rentre à Paris pour 1 mois. La santé est un des grands volets de sa mission. Il connaît très bien l’équipe de SFL. Nous lui parlons de Mécénat Chirurgie Cardiaque et de ses 114 enfants opérés au Laos. Il est admiratif. Nous évoquons la question du parrainage pour l’éducation des enfants. Nous comprenons qu’Edith, sa femme, est très impliquée dans les actions pouvant valoriser la langue Française. Elle nous explique qu’elle est sur le point de déposer les statuts de l’Association des Professeurs de Français au Laos. Cette association pourrait-elle gérer nos parrainages ? Edith pense que ce serait un projet très tangible et très motivant pour les membres de l’association qui sont répartis dans toutes les régions du Laos... RV est pris à Paris le lendemain de notre retour.
Ca commence fort !
A 19h30, nous nous précipitons chez Marie et son mari ONG, un nom prédestiné pour un dentiste qui soigne les dents des enfants en partance pour la France. Nous y retrouvons Lubin Chanterelle, fils du couple qui a accueilli Phitsamay en février 2003 alors qu’elle n’avait que 5 ans. Il est accompagné d’amis spéléos et surtout de Phounchab. Elle est l’autre petite Laotienne accueillie par les Chanterelle. Elle a 9 ans, est très jolie, a de l’énergie à revendre et va à l’école de Vientiane avec Bounmi, une autre petite que nous devons rencontrer.
20h30 Nous partons diner avec les spéléos. Ils viennent depuis plusieurs années explorer l’un des grands réseaux souterrains du Laos ! L’un d’entre eux, avocat à Marseille, nous parle de l’autre but de son voyage : le traitement des eaux usées dans une école du Nord grâce à la plantation d’une bambouseraie ! Affaire à suivre…

vendredi 8 février 2008

Paris - Jour J-1

Derniers préparatifs ce matin. Bouclage difficile des valises.
Voilà nous embarquons aujourd’hui à 13h30 sur le vol de Thaï Airways 931. Arrivée prévue à Vientiane, samedi 9 à 8h45 ... ! Nous avons 70kg de bagages et nous espérons qu’ils ne se perdront pas à Bangkok !

A bientôt sur le blog.

jeudi 7 février 2008

Paris - Jour J-2

Nous vous parlions hier de Namfone. Nous allons la rencontrer le 18 février. Elle habite à Keo Oudom, au km 120 entre Vientiane et Luang Prabang. Ce sera une visite particulière puisque nous retrouverons le 17 à Vientiane les Portier, la famille qui a accueilli Namfone il y a plus de 3 ans.
Nous ne voulons pas rater leurs retrouvailles avec "Chipie", le surnom de cette petite fille de 7 ans, au sourire coquin et pleine d'énergie.
Elle va retrouver Véronique et Michel, sa maman et son papa de France, Alizée, Arthur, Tom et Sébastien, sa grande soeur et ses grands frères ! Ses parents du Laos vont enfin rencontrer ses parents de France, avec lesquels ils communiquent régulièrement par lettre ; des lettres pleines de gentillesse et de simplicité. Namfone va pouvoir montrer ses nouvelles chaussures et comme elle fait bien du vélo...
Ainsi, pour ne pas manquer ce rendez-vous important, nous partirons dès lundi prochain à Luang Prabang où nous resterons une semaine avant de redescendre à Vientiane ... et remonter avec les Portier dans le Nord de la Province !

Beaucoup de route en perspective. Nous sentons déjà que le temps nous manquera. Aurons-nous tout le temps nécessaire à consacrer aux enfants ? Il faudra du temps pour qu'ils oublient nos appareils photos et notre micro, et qu'ils s'expriment naturellement. Nous n'aurons de réponse à cette question que sur place...

mercredi 6 février 2008

Paris - Jour J-3

Il nous a fallu trois mois de travail pour préparer ce départ au Laos, avec toute une équipe : Marie Luangkhot de Santé France Laos à Vientiane et le Docteur Alphonse Pluquailec son président à Arles, Pascale Grais qui assure le secrétariat médical de Francine Leca à Mécénat Chirurgie Cardiaque, Bernadette Brochet qui est en contact avec les familles d'accueil et nous a donné son temps sans compter, et enfin Fédie, l'assistante de JFB, qui assure la coordination et sera notre base arrière en France... Le temps a passé très vite.

Nous sommes désormais à J -3 de notre vol Thaï Airways à destination de Vientiane.
Nous partons avec 15kg de matériel photo-audio, 25kg de cadeaux pour les enfants : des crayons, des montres, des ours, des tee-shirts et surtout les grosses enveloppes que nous ont confiées les familles d'accueil de la majorité des enfants que nous allons rencontrer. Ces enveloppes contiennent en général une lettre, des photos, des dessins, et souvent un petit billet !
Nous n'avons pu négocier avec la Thaï qu'un excédent de 30kg ; nous allons donc devoir voyager léger. Bien que ce soit la saison sèche au Laos, il semble que le temps soit actuellement un peu perturbé dans la région ... de la neige en Chine, de la pluie à Bangkok ... Il faut donc prévoir un peu plus de 4 tee-shirts !

La liste de la douzaine d'enfants que nous allons rencontrer a été arrêtée. Nous commençons à les connaître un peu tous grâce aux récits des familles qui les ont accueillis et que nous avons réunies à Paris en janvier. Ils ont tous des personnalités fortes et attachantes. Nous sommes impatients d'aller vers eux. Il y a entre autres Na, Keomanikhaone surnommée Boon, Seng, Khonekhane dite Noï, Milinda, Thanousin appelé Ken, Namfone dont nous vous parlerons demain !...